Quand j’ai entamé une reconversion après plusieurs années d’engagement syndical, je ne me sentais pas légitime.
Plongé très vite au milieu de talents, je portais cette expérience comme un complexe, sans comprendre que si j’étais à cet endroit, c’est aussi parce que j’en étais un.
C’était comme si ce passé me collait une étiquette dont il fallait se débarrasser.
Puis il y a eu cette crise professionnelle que j’ai eu à traverser.
Brutale. Violente. Forcément injuste.
Un mur. Et avec lui, une fragilité que je n’avais jamais regardée en face.
Je me suis dit que ces expériences devenaient presque honteuses.
Qu’elles allaient me condamner à rester en marge.
Qu’on ne construit rien de solide sur des chutes.
Je me trompais.
Ce renversement que je n’avais pas vu venir
Aujourd’hui, des personnes me contactent.
Elles me parlent de leur crise : licenciement, harcèlement, procédures, mises à l’écart, ruptures imposées. Des sujets lourds.
Et certaines sont prêtes à payer.
Pas malgré mon vécu.
Mais précisément parce que je l’ai vécu.
Parce que je sais ce que ça fait :
- de perdre pied,
- de ne plus comprendre les règles du jeu,
- de se sentir seul face à une machine plus grande que soi.
Ce que je croyais être des cicatrices est devenu un langage commun.
JE TIENS · la lettre stratégique
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Je m'inscrisLa leçon la plus inattendue de cette année
La légitimité ne vient pas toujours d’un statut, d’un diplôme ou d’une trajectoire lisse.
Elle vient aussi parfois de l’épreuve traversée,
de la capacité à mettre des mots là où les autres n’en ont plus,
et du courage de ne plus travestir son histoire.
Les gens ne cherchent pas des figures parfaites.
Ils cherchent des repères fiables, ancrés dans le réel.
En cette fin d’année, si tu doutes encore de certaines parties de ton parcours,
si tu caches ce que tu as traversé en pensant que ça te dessert,
si tu crois que tes failles t’empêchent d’avancer...
Peut-être que, comme moi, tu regardes au mauvais endroit.
Parfois, ce que tu as mis des années à supporter
est exactement ce qui te rendra utile aux autres.
Je termine l’année avec une certitude nouvelle :
on ne se reconstruit pas en effaçant son histoire, mais en la réintégrant.
Bonne fin d’année à celles et ceux qui tiennent encore.
Et à celles et ceux qui commencent, doucement, à se relever.
Grégory Caron — fondateur de Ligne Rouge
J'accompagne cadres, managers et dirigeants quand leur position se joue : lire le rapport de force, poser la ligne à tenir, éviter les erreurs qui coûtent cher. Depuis 20 ans, des deux côtés du terrain. Ni avocat, ni psy.
Un appel de cadrage confidentiel →Vous n'avez pas à traverser ça seul
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