▮ DÉCRYPTAGE

Quand une marque se retrouve coincée entre deux feux.

Bad buzz : quand une marque se retrouve coincée entre deux feux

Une simple publicité peut déclencher un incendie. Un média pointe du doigt, une réponse donnée sous pression... et une marque se retrouve dans un débat qui n'est pas le sien.

Par Grégory Caron · 21 novembre 2025 · 3 min de lecture

Une crise d’actualité liée au placement programmatique nous le rappelle : personne n'est à l'abri.

J'ai bossé sur les réseaux sociaux. Bad buzz du dimanche soir ; mains qui tremblent en rédigeant une réponse... Si je partage cette analyse, c’est pour transmettre ce que j'aurais voulu qu'on m'explique. Parce que quand il y a du bruit, ce sont les gens à l’intérieur qui trinquent en premier.

⚠️ Disclaimer : Cet article n'est ni un soutien ni une critique. C'est une analyse professionnelle.

Alors que faire ? Quelques pistes...

1. Recentrer sur le process, jamais sur le contenu

Le piège : commenter le média et juger son contenu.

Dès qu’une marque fait ça, elle perd sa neutralité.

Elle doit rester ce qu'elle est : une enseigne commerciale.

Une approche : replacer l'incident dans le cadre technique de la publicité programmatique. C'est factuel et neutre. Son périmètre, c’est la maîtrise des emplacements, pas l’évaluation des propos.

Cette distinction évite 90 % des crises.

2. Établir une règle simple, universelle et non négociable

Idéalement, avant la crise. Plus facile à dire qu'à faire, surtout quand les exclusions coûtent cher en reach. Mais c'est le prix de la tranquillité.

Il n’appartient pas à une marque de juger si un média est "politique" ou "journalistique". Ce terrain est explosif et la marque n’a rien à y gagner.

Les plateformes programmatiques classent certains environnements comme "sensibles" ou "à risque". Ce sont ces catégories techniques - et non la nature des médias - qui servent de base aux exclusions.

3. Protéger les équipes plutôt que les exposer

Une personne sous pression peut maladroitement tenter de rassurer. Une équipe programmatique peut ne pas avoir anticipé tous les cas de figure.

Mais ce que je recommande :

  • Ne jamais désigner un responsable publiquement,
  • Recontextualiser les réponses données dans l’urgence (repositionnement sans rétractation)
  • Recentrer la communication sur la politique de marque, pas sur l'individu

Les équipes com' font un métier de plus en plus exposé. Elles méritent qu'on les soutienne, même dans la tempête.

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4. Fermer la porte au débat idéologique

Quand les figures médiatiques s'invitent dans le débat, il ne faut pas répondre.

Une fois qu'on répond, on légitime le débat. On alimente.

Alternative : créer un non-sujet avec une position courte et définitive :

"Nous n'avons pas de commentaire à faire sur le contenu des médias. Politique de neutralité commerciale documentée. Sujet clos."

Court, ferme et en une seule fois.

5. Reprendre la main sur le récit de marque

Un bad buzz se nourrit du vide.

Ce qui peut aider :

  • Continuer à publier du contenu aligné avec vos valeurs ;
  • Mettre en avant un projet concret, utile, incarné ;
  • Valoriser les collaborateurs ;
  • Revenir à la mission première de la marque.

Ce que je retiens :

Une crise devient politique si on la traite comme telle.

La seule voie saine, selon moi : la neutralité technique, documentée et systématique.

Ce que j’ai toujours essayé de faire passer : un cadre posé en amont. Clair et non négociable.

Pour les community managers :

Vous faites un super métier mais ultra-exposé, de plus en plus complexe, et sous-estimé ; vous avez le droit de demander du soutien.

J'ai été à votre place. Je sais ce que c'est. Prenez soin de vous.

On apprend tous de ces situations. Surtout quand elles sont inconfortables.

Grégory, expert en doigts qui tremblent.

Grégory Caron — fondateur de Ligne Rouge

J'accompagne cadres, managers et dirigeants quand leur position se joue : lire le rapport de force, poser la ligne à tenir, éviter les erreurs qui coûtent cher. Depuis 20 ans, des deux côtés du terrain. Ni avocat, ni psy.

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