Dans quelques semaines, quelqu'un prononcera votre nom dans une réunion à laquelle vous ne participerez pas.
Revue des talents, people review, comité de carrière, ou simplement une réunion de direction avec un point « équipes » à la fin. Peu importe le nom. Vous n'y serez pas. Vous n'en verrez pas le CR.
Pourtant une partie de votre année prochaine peut s'y décider : votre périmètre, vos moyens, votre place…
Ce qui s'y dit n'est pas ce que vous croyez
On imagine ces réunions comme une évaluation honnête du travail accompli. Ce n'est pas le cas.
Votre N+1 aura peu de temps. Souvent à peine quelques minutes. Il parlera de mémoire, devant ses collègues qui, eux aussi, ont des personnes à défendre, des arbitrages à obtenir et des budgets à protéger.
Ce qui sortira de sa bouche ne résumera pas tout ce que vous avez accompli cette année. Ce sera ce qui lui revient à l'esprit à ce moment-là, et ce qu'il pourra dire sans être contredit.
Autrement dit : on ne juge pas votre travail. On juge ce que quelqu'un arrive à en dire, vite, sous pression et devant témoins.
L'erreur classique
Ceux qui préparent (ils sont rares) préparent le mauvais sujet. Ils construisent un dossier, rassemblent leurs réalisations et se préparent à plaider. Mais ils ne plaideront jamais car ils ne sont pas dans la pièce.
Préparer son dossier et préparer celui qui vous « représentera » sont 2 exercices différents.
Le premier accumule des arguments. Le second fabrique des arguments transmissibles.
Le premier vous rassure. Le second change l'issue.
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D'ici mi-septembre, provoquez une conversation de 30 minutes avec la personne qui parlera de vous (votre N+1, votre directeur…).
Vous ne demandez rien. Ni promotion, ni augmentation, ni ce qui est prévu pour vous. Ce n'est pas le moment.
Vous lui donnerez 3 choses :
1/ Une position
Une phrase courte qui dit ce que vous portez. Pas votre fiche de poste. Ce que l'organisation aurait du mal à maintenir si vous ne le faisiez pas. C'est cette phrase qu'il répétera. S'il ne l'a pas, il en inventera une.
2/ Une preuve
Une réussite vérifiable, chiffrée si possible et datée. Une liste ne se retient pas. Un chiffre et une histoire de 10 secondes, si.
3/ Un enjeu
Pourquoi cela compte pour celui qui arbitre, pas pour vous. Un directeur entend ce qui l'aide à tenir un budget, absorber une réorganisation ou sécuriser un projet.
Position. Preuve. Enjeu.
Il n'en retiendra peut-être qu'un. C'est déjà un de plus que ce qu'il aurait eu.
La fenêtre se ferme
Selon les organisations, les budgets et les listes se figent entre septembre et décembre. Pendant les premières semaines de la rentrée, tout est encore ouvert. Ensuite, ça se referme. Silencieusement.
Personne ne vous préviendra.
Grégory
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Grégory Caron — fondateur de Ligne Rouge
J'accompagne cadres, managers et dirigeants quand leur position se joue : lire le rapport de force, poser la ligne à tenir, éviter les erreurs qui coûtent cher. Depuis 20 ans, des deux côtés du terrain. Ni avocat, ni psy.
Un appel de cadrage confidentiel →Vous n'avez pas à traverser ça seul
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